Quand la paix devient une menace
La paix, quelle notion vague, imprécise. La paix comme cessation de la guerre, de toute hostilité, de toute violence, je suis d'accord à la condition que l'autre clan, que l'autre partie, adopte ce point de vue. Malheureusement certaines personnes ne comprennent guère ce langage et au lieu d'utiliser les mots pour se défendre, au lieu de verbaliser, d'exprimer, d'argumenter leurs points de vue, préfère plutôt faire sauter des voitures, trancher des têtes, séquestrer des hommes, lancer des missiles, faire sauter des écoles, fusiller des enseignants, donner des bonnes raclées à leurs épouses, enfermer celles-ci dans leur maison, les frapper de temps en temps, leur refuser le droit à l'éducation etc... Les gauchistes qui empoisonnent nos rues présentement, qui demande au gouvernement Harper de retirer les troupes canadiennes de l'Afghanistan nous disent tout simplement en d'autres termes: "Nous souhaitons que les Talibans prennent le pouvoir, nous souhaitons qu'un groupe terroriste fasse sauter des écoles, assassine des enseignants, sème la terreur dans tout le pays, nous désirons, au nom de la paix, abandonnez votre pays au main de forces obscures, capable du pire, nous souhaitons vous voir sombrer dans la noirceur, nous souhaitons voir vos femmes et vos enfants souffrir dans un avenir sans force de la coalition, sans l'Otan, ce grand Satan." Pour répondre à toutes ces belles âmes bien pensantes, je vous retranscris un extrait de l'éditorialiste Gil Courtemanche du journal le Devoir, un extrait percutant et très juste qui nous montre que l'on peut se battre pour une juste cause, pour défendre des libertés, comme celle de l'Éducation pour tous et pour toutes.
Le pacifisme et le neutralisme ne constituent pas toujours des attitudes vertueuses et humanistes. Il arrive qu'ils soient aussi une forme de démission et de repli sur soi, une sorte d'égoïsme sophistiqué. Pensons à la neutralité suisse durant la Deuxième Guerre mondiale. Pensons aussi à ce que serait le monde si les pacifistes européens et américains avaient remporté la donne et qu'on avait laissé les nazis faire à leur guise. Il y a un peu de tout cela dans l'attitude de ceux qui réclament aujourd'hui dans les rues du Québec le retrait des troupes canadiennes en Afghanistan. (...)
Depuis la défaite des talibans et malgré l'insécurité actuelle, 4,8 millions d'enfants ont retrouvé l'école. Ce n'est pas rien. Mais cette avancée sérieuse est en péril. Les écoles et les enseignants sont parmi les cibles préférées des talibans et récemment le président Karzaï rappelait que deux cent mille enfants avaient perdu leur école depuis la résurgence de l'insurrection des mollahs. Cette année, les talibans ont détruit trois cents écoles. Lutter les armes à la main contre les talibans, c'est aussi se battre pour l'éducation. (...)
Le pacifisme est une attitude foncièrement généreuse quand son seul objectif est la lutte pour la paix, mais celle-ci parfois ne peut être atteinte que par la lutte armée. Il existe bien des guerres qu'on pourrait qualifier d'humanitaires.

