Vendredi 22 Décembre 2006

Un dictateur en moins

Saparmourat Niazov Après Pinochet, voici le tour d'un autre dictateur d'aller rejoindre les entrailles de la Terre.  Saparmourat Niazov leader incontesté du Turkménistan est effectivement décédé à l'âge de 66 ans d'un arrêt cardiaque dans la nuit de jeudi.  On sait tous que dictature et culte de la personnalité vont habituellement de pair, on n'a qu'à penser aux effigies de Mao, de Fidel Castro, de Staline, de Kim-Jong-il et j'en passe.  Ces personnalités narcissiques, généralement élu président à vie, refuse tout partie d'opposition et prennent un plaisir masturbatoire à voir les murs de leur pays tapissés de leur image.  Niazov n'a pas échappé à ce délire narcissique. 

Excentrique, Niazov prenait plaisir à refaire le monde à son image, n'hésitant pas à rebaptiser tous les mois de l'année.  C'est ainsi que le mois de janvier, qui est le premier mois de l'année, portera désormais le nom de türkmenbaşy, ce qui signifie "Chef de tous les turkmènes", le nouveau nom qu'il s'est lui-même attribué à partir de 1993.  Un autre mois portera le nom de sa mère défunte envers qui il vouera un culte. (À ce sujet un monument en l'honneur de sa mère est en cours de construction d'une valeur de plus de 100 millions de dollars). 

Perfection sur deux pattes, monsieur Niazov considéra tout à fait normal de retirer tous les livres des bibliothèques, de fermer plusieurs d'entre elles, surtout celles en dehors de la capitale Achgabat, et de remplacer les livres majoritairement russes que contenaient les tristes étagères de ces bibliothèques par ses propres livres, ses propres compositions, ses propres manuels dont lui seul en était l'auteur.  Les petits enfants turkmènes pouvaient donc lire les oeuvres grandiosques de ce génie en faisant fi des auteurs superflus qui remplissaient inutilement les tablettes.  Niazov promulgua plusieurs interdits, il interdit entre autre l'opéra et le ballets, qu'il considérait comme des arts superflus ainsi que l'interdiction pour les jeunes hommes de porter la barbe et les cheveux longs.  (Hummm je crois que mes jours auraient été comptés au Turkménistan). 

Avec un égo démesuré, monsieur Niazov ne voyait aucune différence entre le Coran, la Bible et son oeuvre maîtresse, son guide spirituel de la nation, son célèbre ouvrage enseigné à tous les enfants, le Rhunama.  Je vous laisse en terminant sur une célèbre phrase du dictateur parlant avec éloquence de son livre:  "Celui qui par trois fois lira le Rhunama trouvera une richesse spirituelle, deviendra plus intelligent, reconnaîtra l'existence divine et ira directement au Paradis."  À bien y penser ça mérite sûrement une petite réflexion, vous ne trouvez pas ?

Source biographique: Wikipédia

Source d'actualité: Cyberpresse

Posted by Jean-François Cossette at 20:46:46 | Permanent Link | Comments (0) |
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