Lorsque le congédiement remplace la prison
Au Québec, où la pensée unique fait loi, on ne met pas en prison les gens pour leurs idées, leurs opinions, leurs questionnements, on préfère les mettre à la porte, les congédier, les traîner dans la boue ou bien devant les tribunaux. Le 18 décembre Stéphane Gendron, co-animateur de l'émission L'Avocat et le Diable, s'est fait montré la porte de TQS. On n'a pas semblé apprécier les "incartades" de monsieur Gendron, entre autre l'émission où l'avocat-animateur s'en est pris à la juge Lise Côté concernant une réduction de peine imposée à un père incestueux, Luc X, qui aurait filmé et diffusé ses relations sexuelles avec sa fille de 4 ans sur Internet. Luc X était passé de 15 à 9 ans de prison, la petite fille de 4 ans n'ayant pas saigné durant la pénétration. Monsieur Gendron a réagit en bon père de famille et a critiqué ouvertement la décision de la juge, chose à ne pas faire lorsqu'on est avocat. Nos imams au Québec serait-ils nos juges ? Toujours est-il que monsieur Gendron aurait reçu suite à ses propos une lettre du barreau le reconnaissant coupable d'avoir enfreint le code de déontologie. Furieux, le maire de Huntington a brûlé la lettre du barreau sur les ondes. Quelques jours plus tard TQS congédiait le maire.
Ce n'est pas la première fois qu'une parole est brimée au Québec. On n'a qu'à penser à la croisade menée par le CRTC qui a finalement eu la tête de l'animateur de radio de Québec Jeff Fillion, à la démission "forcée" de Guy Fournier à la présidence de Radio-Canada suite à son passage à l'émission Tout le monde en parle après avoir parlé des plaisirs reliés à la déféquation, sujet pourtant tout à fait sérieux, Freud ayant lui-même écrit plusieurs pages sur le sujet. Et plus récemment de la poursuite du Collège des médecins contre le psychiatre Pierre Mailloux pour ses propos controversés à la radio. Le Collège des médecins veut tout simplement la tête du psychiatre. Vive la liberté d'expression au Québec !

