Pour en finir avec Mailloux et les petits Moi québécois
Les Moi sont faibles au Québec, l'identité québécoise est fragile, le taux de suicide, parmi le plus élevé au monde, et les poursuites judiciaires pour atteinte à la réputation, au respect de soi, à l'intégrité, à l'image que l'on se fait de soi et qui est parfois, dans le cadre de certaines émissions radiophoniques ou télévisuelles, quelque peu malmenée, sont là pour le prouver. Peu certain de sa propre valeur, le québécois moyen se sent aussitôt persécuté dès lors que l'image idéale qu'il se faisait de lui-même est brisée, fracturée, cassée par une critique, une remise en question, un doute. Les metteurs en scène, les cinéastes et les comédiens québécois en sont un bon exemple, pleurant sur leur triste sort aussitôt qu'une mauvaise critique est publiée à leur endroit.
Hors par les temps qui courent ce sont les minorités visibles qui étalent sur la place publique le peu d'estime qu'ils ont d'eux-mêmes en criant à tout vent à la xénophobie, au racisme, à l'intolérance, dès qu'il est question de remettre en question certains de leur mode de vie, de leur rituel, de leur croyance. Leur identité étant faible, ils en arrivent même, dans le cas de Hérouxville, à s'identifier au mode de vie intégriste dénoncé dans les normes de vie de la petite municipalité, allant même jusqu'à visiter le village en question, rencontrer ses habitants, leur offrant même des petits pots de vin (des petites pâtisseries dans le cas qui nous concerne) pour se faire aimer et apprécier. Alors qu'une identité forte n'en a rien à cirer de ce que peuvent penser les autres à son sujet, l'identité faible, le Moi faible, a besoin, à l'instar du personnage de Carlos dans la série Les Invincibles, de se faire aimer à tout prix. Tout le monde doit m'aimer, je ne dois pas déplaire à personne, sinon mon identité, l'image que j'ai de moi pourrait s'effriter et je pourrais sombrer dans une profonde dépression. Il existe au Québec une sorte de tyrannie, la tyrannie du consensus, le refus du débat. Cette tyrannie du consensus, de l'unicité, d'une pensée unique est à la base même à mon avis des accommodements déraisonnables à l'origine du débat social qui fait rage à l'heure actuelle au Québec. À trop vouloir plaire on finit par déplaire.
Je voudrais maintenant vous parler d'un cas particulier qui reflète à merveille cette pensée. Le cas du psychiatre Pierre Mailloux. Je considère le Doc (je vais me permettre de l'appeller Doc malgré la décision du Collège des médecins de le radier provisoirement), comme ayant une forte identité, un Moi fort. Le Doc Mailloux ne fait guère l'unanimité, suscite la controverse partout où il passe et bien entendu même s'il reçoit des fleurs en onde dans le cadre de son émission radiophonique, reçoit plus que sa part de pots cassés, d'insultes, de plaisenteries, et il est dorénavant courant, lorsque l'on parle de son cas, de le voir affublé du qualificatif de fou. "Mailloux c'est un criss de fou, un sauté, un malade" en bon québécois. On entend ce genre de remarque au travail, à la maison, au restaurant, entre amis, il va de soi que le Doc Mailloux est un fou. Mais on entend également ce genre de commentaire à la radio et à la télévision. Pourtant, le Doc n'a jamais, à ma connaissance, poursuivit quiconque pour atteinte à sa réputation. Alors qu'une Sophie Chiasson, à l'égard d'un Jeff Fillion, s'est amusée à jouer les vicitmes et les martyrs car ayant un Moi faible, le Doc Mailloux avance, laissant derrière lui toutes les remarques désobligeantes à son endroit. Les gens ont le droit de penser ce qu'ils veulent à son sujet, dira-t-il dans une entrevue accordée à Benoit Dutrizac à TQS. Il n'en a rien à foutre de l'opinion que les gens ont de lui, car il connait sa propre valeur.
Hors, comme je le disais au début de mon texte, les Moi sont faibles au Québec et ce n'est pas tout le monde qui connait ce qu'il vaut et ce qu'il est. C'est le cas entre autre d'une nouvelle victime (car ne l'oublions pas, comme tous les régimes de gauche, le Québec fourmille de victimes), une victime des propos de Pierre Mailloux qui rapportait, le 25 septembre 2005 à l'émission Tout le monde en parle (j'ai tenté de mettre la main sur l'extrait de l'émission via Youtube et Dailymotion mais sans succès) une étude faisant état que l'intelligence des noirs était légèrement inférieure à la moyenne. Mon but n'est pas d'endosser ou de ne pas endosser les résultats de cette étude qui touche un sujet très délicat mais bien de vous parler de la réaction d'un homme suite à la révélation de cette étude par le Doc Mailloux.
Un québécois d'origine haïtienne, Erwin Gordon, qui a décidé, suite aux propos du Doc Mailloux, de poursuivre au nom de la communauté noire du Québec le semeur de débats qu'est le Doc. La Presse de jeudi rapporte en effet que monsieur Gordon aurait cru sur parole les propos du doc, soit-disant parce que le Doc faisait figure de référence étant donné son statut de psychiatre. Donc, dans la tête de monsieur Gordon, tout ce que dit un psychiatre est vrai. Aucun doute n'est venu s'immiscer dans son esprit, aucun "Holà toi, qu'est-ce que tu es en train de dire là ?", aucune protestation, aucune remise en question des propos du Doc ne semble lui avoir effleurée l'esprit. Telle une époge, monsieur Gordon aurait tout absorbé. Voyez-vous à quel point le Moi est faible, qu'il n'a aucune armure, aucune arme pour se défendre ? C'est à ce moment que monsieur Gordon aurait sombré dans une profonde dépression, se portant même volontaire pour le suicide. À quoi bon vivre, si tous les blancs me sont supérieurs en intelligence, qui voudra m'accepter, qui voudra m'offrir un travail ? Il a même songé au rôle de Radio-Canada dans cette histoire, pourquoi la société d'État avait-elle osé diffuser une telle "cruauté" en onde, n'est-ce pas plutôt son "devoir de renforcer la confiance en soi" (nouvelle mission pour Radio-Canada:Faire du renforcement positif à l'égard des minorités visibles).
Mais comme chaque sentiment de détresse, de désaroi et d'apitoyement, engendre inévitablement un sentiment de haine et de vengeance à l'égard de ceux qui sont à l'origine de ce malaise, il s'en est suivi de la colère à l'encontre du Doc et de Radio-Canada. Pour réparer cette détresse psychologique (détresse qui vient de lui-même et de personne d'autre que lui), monsieur Gordon ne réclame pas moins de 24 millions et demi de dollars. C'est beaucoup d'argents pour réparer une blessure narcissique.


…oui mais si on avait été chanté ça à la télé ou à la radio ça aurait été autre chose…
''…Alors qu'une Sophie Chiasson, à l'égard d'un Jeff Fillion, s'est amusée à jouer les vicitmes et les martyrs car ayant un Moi faible …''
Pouhahaha un '' moi '' faible ….ou t’as été pêché ça ? …on parle d’injures et de diffamations sur les ondes d’une RADIO …il me semble que c’est pas compliqué …
« La notion de diffamation désigne l’insulte, l’injure ou les propos désobligeants qui portent atteinte à l’honneur, à la dignité ou à la réputation d’une personne.
Elle peut être verbale ou écrite, publique ou privée, directe ou par sous-entendus, intentionnelle ou causée par négligence. Si la diffamation cause du tort à la personne qui la subit, elle peut entraîner le paiement de dommages. »
(Comment this)