Mercredi 14 Mars 2007

Le déclin d'une utopie

Kibboutz DeganiaVivre par soi-même, s'autosuffire, ne pas avoir besoin d'aides extérieures, vivre sans contraintes, utiliser ses propres ressources, être totalement indépendant, manger et boire à sa fin sans travailler, voilà un vieux fantasme typiquement humain.  Fantasmes qu'on bien voulu réaliser dans les années 70 les hippies vivant en communauté, cultivant pommes de terre et tomates fraiches et mettant tout au service de la commune. 

En Israël, ce mode de vie est appelé Kibboutz.  Petite communauté basée sur le modèle d'un collectivisme socialiste où chaque juif de la communauté travaille pour le groupe, en autarcie, sans rétribution, sans salaire.  Selon un texte du journaliste  Benoît Faiveley de La Presse, ces petits coins de Paradis sont en train graduellement de s'effriter, l'utopie fait tranquillement place à la réalité, une réalité voulant que certains membres de la communauté se prélassent alors que d'autres s'évertuent au travail, bref il y en a qui travaillent plus que d'autres et dès lors il n'y a plus de rapports d'égalité entre les kibboutznickim.  Dorénavant dans le plus vieux des Kibboutz, le Kibboutz de Degania, ce qui autrefois était gratuit pour tous, avec l'apparition d'un salaire, donc de l'argent comme moyen d'échange, devient payant.  Il faut payer maintenant pour manger.  Les habitants ont pris goût à la propriété privée et à l'argent, l'utopie communiste voulant que tous et chacun soit sur le même pied d'égalité, disparait aussitôt qu'apparait la notion de propriété privée et celle de l'argent, c'est d'ailleurs pour cette raison que les communistes se sont toujours acharnés à détruire ces valeurs.  Hors l'utopie communiste s'oppose, comme toutes les utopies d'ailleurs, à la nature humaine, aux pulsions de l'homme, à cette pulsion d'emprise sur l'objet du désir.  Et cela, aucun Kibboutz ne pourra refouler assez longtemps cette pulsion pour ne pas la voir un jour jaillir au milieu de ses terres.

 

Posted by Jean-François Cossette at 12:45:28 | Permanent Link | Comments (0) |
Commentaires
Écrire un commentaire