Lundi 19 Mars 2007

Le mariage forcé ou comment offrir son enfant dans les mains d'un violeur

 
"Un jour, mon grand-père, Artan, vint à Aden.  Il dit à ma mère qu'un homme l'avait demandée en mariage et qu'il avait accepté.  Ma mère avait à peine dix-huit ans; elle ne pouvait pas défier son père.  Elle resta donc silencieuse.  Le silence de la vierge est la réponse adéquate à toute proposition de mariage: un acquiescement formulé avec dignité." (Ayaan Hirsi Ali, Ma vie rebelle, Paris, Éditions NIL, 2006, p.27)
 

Même si le mariage forcé n'est pas un phénomène nouveau, il est pourtant bel et bien répandu dans plusieurs pays où des parents sans scrupules offrent leurs enfants et leurs adolescentes en pâture, comme de la viande bien tendre et fraîche, à de parfaits inconnus, à des hommes qui ont parfois le double et même le triple de leur âge, bref à de vieux pervers vicieux qui salivent devant l'idée de perforer un hymen tout neuf.  Mes mots sont probablement crus, mais parfaitement réalistes.  Des parents, des mères, des pères, sont prêts et pas seulement en Somalie, comme ce fut le cas pour la mère d'Ayaan Hirsi Ali, mais ici même au Québec, à donner leurs filles en mariage à des hommes qu'elles n'ont jamais rencontrés, qu'elles n'ont jamais vus, avec qui elles n'ont jamais eu le moindre échange verbal, la moindre discussion, le moindre rapprochement, la moindre attirance, le moindre désir.  Une culture axée sur une répression totale des pulsions fait en sorte que la jeune fille n'arrive pas à se rebeller, à affronter ses parents, à leur tourner le dos et à dénoncer ce genre de chose aux autorités, à la police.  La soumission envers la famille est tellement forte, que ces jeunes filles arrivent à tout accepter, malgré leur volonté.  Au Québec, au sein de certaines communautés culturelles, au sein de certaines familles ultra-orthodoxes, des mères et des pères se font un plaisir, un honneur, d'offrir leurs jeunes filles à des violeurs (parce que se faire baiser par un homme que l'on aime pas, qui a l'âge de son père, envers qui la jeune fille n'éprouve aucun désir, qui le répugne, que l'on n'a pas choisi, un amour imposé, obligé, dans un pays étranger, avec un étranger, avec un homme sans visage, que l'on a jamais vu, alors là moi j'appelle cela un viol).  Il ne faut pas se le cacher, le mariage forcé est un viol.  En témoigne ce formidable reportage de l'émission Enjeux que j'ai moi-même pris la peine d'enregistrer et de diffuser sur Dailymotion.    

 
Posted by Jean-François Cossette at 00:02:00 | Permanent Link | Comments (0) |
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