L'excision ou comment purifier une femme

L'excision est pour moi une forme de barbarie, de mutilation, d'une violence faite envers des enfants, avec le consentement explicite des parents, qui consiste, en coupant le clitoris de la petite fille, à priver cette dernière de toute jouissance, de tout plaisir, il s'agit d'un acte primitif, barbare, pourtant pratiquer de nos jours dans plusieurs pays. Dans son tout dernier livre, Ma vie rebelle, Ayaan Hirsi Ali explique qu'en "Somalie, comme dans beaucoup d'autres pays d'Afrique et du Moyen-Orient, on "purifie" les petites filles en leur coupant les organes génitaux. Il n'y a pas d'autres façon de décrire cette opération, pratiquée en général autour du cinquième anniversaire. Une fois le clitoris coupé et les lèvres du sexe tranchées ou arasées - dans certaines régions on se contente, par compassion, de les taillader ou de les piquer -, toute la zone est souvent cousue, de manière que la peau scarifiée de la petite fille forme, en cicatrisant, une épaisse ceinture de chasteté. On laisse juste un petit trou pour permettre à l'urine de s'écouler. Seule une pénétration violente peut déchirer la cicatrice; c'est ce qui se produit lors de la première relation sexuelle." (p.55)
Un peu plus loin, l'ancienne députée néerlandaise parlera sans voile de son expérience troublante, de cette mutilation génitale initiée par sa grand-mère, alors que son père se trouvait en prison et que sa mère avait quitté le pays pour quelques temps:
"Grand-mère s'approcha de moi: "On va vous retirer ce long kintir*, et alors, ta soeur et toi, vous serez pures." À en juger par les gestes de grand-mère, ce hideux appendice, qui se trouvait apparemment entre mes cuisses, deviendrait un jour si gros qu'il se balancerait le long de mes jambes à chaque pas.{...} Je vis les lames plonger, et l'homme me trancha les petites lèvres et le clitoris. J'entendis un claquement, le même que chez le boucher quand il retire le gras de la viande d'un coup de couteau. Je ressentis entre les jambes une douleur fulgurante et me mis à hurler. Il fallait encore me coudre; je me rappelle l'aiguille longue et émoussée que l'homme enfonçait dans mes lèvres ensanglantées, mes cris d'angoisse et de douleur, les paroles de grand-mère. "Ça n'arrive qu'une fois dans la vie, Ayaan. Sois forte, il a presque fini." Il finit, et il coupa le fil avec les dents." (Ayaan Hirsi Ali, Ma vie rebelle, Éditions NIL, Paris, 2006, p.57.)
Le but de cette pratique est de purifier la femme, la femme étant au point de départ impure par cet organe repoussant, fantasmé comme étant une partie du corps pouvant faire fuir les hommes par sa laideur, son gigantisme (le clitoris pouvant s'allonger comme un long serpent), mais pour moi il s'agit d'un acte d'une violence inouïe, équivalant à mon avis à un acte d'agression, à un viol, au pire des viols, le viol d'une enfant. Comment réagirait la communauté internationale si on apprenait qu'au lieu du clitoris, les us et coutumes du Mali par exemple ou de la Somalie, exigeaient que l'on coupe les mains des petites filles de 5 ans ? Je me le demande. Imaginez des générations de fillettes, d'adolescentes, de femmes et de vieilles dames sans main droite, un pays entier composé de femmes sans main droite, car la tradition voulant que la femme se fasse couper la main dès son plus jeune âge. Hélas, aux yeux de certains, un clitoris n'est pas l'équivalent d'une main, le clitoris est caché, on ne le voit pas, il est dissimulé sous des vêtements, alors on se tait et on continue à maintenir le massacre. Ah oui j'oubliais, il y a la guerre en Irak.
*Kintir: Clitoris

