L'infibulation
"Quelques mois après mon arrivée au centre, une jeune Somalienne me demanda de l'accompagner à un examen gynécologique. À l'hôpital, le médecin me pria de lui expliquer qu'elle devait se déshabiller et qu'il allait examiner son utérus avec un long instrument en métal.
- Je veux bien le faire, m'a-t-elle répondu, mais je ne crois pas qu'il va réussir à voir mon utérus.
J'ai compris ce qu'elle voulait dire: elle était fermée, cousue.
J'ai essayé de le dire au médecin, mais il m'a interrompue, brusquement.
- Qu'elle fasse ce que j'ai dit.
Mais quand elle a écarté les jambes il a eu un violent mouvement de recul et a laissé échapper un juron. Il a arraché ses gants avec colère: ce n'était même pas la peine d'espérer examiner cette femme. Elle n'avait pas de sexe du tout, rien qu'une bande de peau cicatrisée et parfaitement lisse.
C'était un farooni - la plus radicale des excisions, celle où tout l'organe génital de la petite fille est coupé puis gratté avant d'être cousu. Je n'en avais jamais vu - seules les Issaq du Nord sont infibulées de cette façon - mais j'était au courant de cette pratique. Le médecin, lui, a cru que c'était une brûlure. Toute l'équipe médicale semblait en état de choc. C'est à ce moment-là que j'ai compris qu'en Europe aucune femme n'était excisée. " (Ayaan Hirsi Ali, Ma vie rebelle, Éditions NIL, Paris, 2006, p. 313-314.)


L'exision (ablation du clitoris) existe, à ce jour, pratiquement seulement car l'Islam garde cette pratique arriérée en vie depuis des siècles. En Égypte, 97 % (oui, vous avez bien lu) des filles sont exisées, au Kurdistan irakien, 60 % et en Arabie Saoudite, 25 %. Elle est pratiquée dans tout le monde musulman, particulièrement au Soudan où des milliers d'esclaves chrétiennes la subissent.
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